« Le Mans 66 », un beau biopic qui sent bon l’adrénaline

Une bande-annonce sacrément alléchante. Christian Bale, Matt Damon, Jon Bernthal ou encore Tracy Letts. Des bolides plus beaux les uns que les autres. Le réalisateur James Mangold aux manettes de ce film d’époque mettant en scène la rivalité Ford-Ferrari des années 60′, autour de la mythique course du Mans. Pas besoin d’en dire plus : « Le Mans 66 » était le film que j’attendais le plus dans le dernier virage de l’année 2019. Et telle une Shelby Cobra à plus de 6 000 tours, eh bien j’ai pris mon pied devant ce dernier.

Quand Christian Bale est sur les grands écrans des salles de cinéma, je ne suis jamais très loin. Et je ne vais pas vous mentir : quand j’ai vu, pour la première fois, la scène initiale de cette bande-annonce (les 22 premières secondes), scène entrecoupée dans laquelle l’ex-Batman s’en donne à cœur joie niveau mimiques, j’ai tout de suite compris que j’irai voir ce film. En d’autres termes, j’étais hypé les copains.

Et en même temps, il y avait de quoi. Rien qu’en revoyant la BA en préparant cet article, j’avais le sourire jusqu’aux oreilles. Ajoutez à cela un casting 5 étoiles, des magnifiques automobiles d’époque et la présence du réalisateur James Mangold (« Walk the Line », « Logan », « Une vie volée » ou encore « 3h10 pour Yuma ») pour chapeauter tout cela, et vous avez « Le Mans 66 », un film qui avait tout pour me plaire. Et une fois ses 2h33 englouties, ce fut le cas.

Commençons par parler des acteurs. Si Christian Bale (Ken Miles) est en grande forme (c’est définitivement un de mes acteurs préférés), que la présence de Jon Bernthal (Lee Iacocca) fait vraiment plaisir (un excellent acteur qui est sous-côté à mes yeux), que Caitrona Balfe (Mollie Miles) apporte, avec brio, des moments touchants et de la tendresse au film, que Tracy Letts (Henry Ford II) est parfait dans son rôle ou encore que Josh Lucas (Leo Beebe) et Noah Jupe (Peter Miles) ne déméritent absolument pas face à ces derniers, mon « acteur coup de cœur » du film, ce n’est autre que Matt Damon (Carroll Shelby).

Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance que j’écrive cela à la base. En effet, considérant depuis longtemps le natif de Boston comme « un bon acteur de films d’action » avant tout (cc Jason Bourne), et ce même si je n’oublie pas sa très belle performance dans « Will Hunting » (« c’est pas ta faute »), j’avais un peu peur qu’il se fasse « manger » à l’écran par Christian Bale.

Mais ce ne fut absolument pas le cas : dès les premières minutes, on sent un Matt Damon très investi dans son rôle (à l’image de son personnage au début du film, mais aussi à l’aube de la cinquantaine pour l’ami Matt, ce dernier et Carroll Shelby partagent le fait de devoir se réinventer, créant un lien direct entre les deux, ce qui peut, quelque part, expliquer aussi sa belle performance), impactant face aux autres acteurs et pertinent sans être pourtant au cœur de l’action. Non, Damon n’est pas juste bon à dégainer les armes et ses poings, c’est un vrai bon acteur capable d’endosser plusieurs costumes et personnages. Sincèrement, je suis grave content qu’il m’est donné tort. Bien joué Matt.

Sinon, comment ne pas féliciter James Mangold, et plus globalement, la réalisation de ce film ? Très clairement, « Le Mans 66 » est typiquement, à mes yeux, un film qu’il faut montrer dans les écoles de cinéma. Ce biopic dramatique, c’est l’art de bien filmer une course automobile. Dans sa volonté de laisser de côté, au maximum, le numérique et d’opter pour une approche traditionnelle s’appuyant sur des plans rapprochés et des supports caméras spécifiques, directement fixés sur les voitures, ce film est le digne successeur des « Grand Prix » (1966) et « Le Mans » (1971) entre autres. Sensations garanties (j’en ai pris pleins les yeux).

Au programme, pas de mouvements exagérés, une certaine familiarité avec l’utilisation des gros plans, mais aussi la mise en avant constante du point de vue des personnages (notamment les pilotes), donnant la sensation, au petit spectateur que je suis, d’avoir vécu la course, partageant les aléas de cette dernière avec les protagonistes. Entre la tension palpable avant le départ, les péripéties du début de course ou encore la sensation de surpasser ses limites et celles des automobiles, je partageais la fatigue des pilotes à la fin des 24h, moi qui était pourtant assis confortablement dans mon siège depuis plus de 2h.

D’ailleurs, en parlant de sensations, ce film a carrément réussi à me procurer des pics d’adrénaline pendant la course. Pour être tout à fait honnête : à plus de 6 000 tours et 200km/h, je nageais entre l’adrénaline et la crispation, bercé par le bruit des moteurs, les crissements de pneus et les changements de vitesse. Franchement, un pur moment de kiff total que je n’avais plus ressenti depuis longtemps. Le pari du réalisme de Mangold est donc une véritable réussite.

Face à tous ces points positifs, « Le Mans 66 » ne souffre, à mon humble avis, que d’un seul défaut : une certaine longueur. En effet, si l’intrigue et les personnages sont bien développés, cela coûte au film une première partie qui met un peu de temps à se mettre en place. Parce que le jeu de mots est facile, disons que ce biopic automobile prend son temps pour passer la deuxième.

De plus, et ici mon propos est totalement subjectif tant c’est « Thomas le réalisateur » (qui n’a jamais rien réalisé) qui écrit ces mots, le tout en essayant d’éviter un éventuel spoil évidemment : est-ce que la façon dont a été mis en scène la disparition d’un des personnages était-elle la plus judicieuse ? J’avoue que ma question peut paraître un peu floue (tant mieux pour ceux qui n’ont pas encore vu le film), je pointe du doigt, en l’occurrence, la dernière partie de ce drame, que je trouve, elle aussi, un peu longue, certes touchante, mais peut-être pas la plus pertinente, selon moi, comparé aux événements qui la précèdent. Cependant, cela reste un choix de réalisation intéressant, qui se défend bien entendu.

Pour conclure, que dire si ce n’est louer les équipes techniques pour la qualité du travail de reconstitutions, autant au niveau des décors (la fameuse usine d’assemblage des Ford Falcon de 1963 et l’entrée mythique de l’usine Ferrari par exemples) que pour les costumes et les véhicules d’époque. Dans sa quête d’authenticité, James Mangold et ses équipes ont abattu un travail de recherches incroyable que je souhaitais mettre en avant. Subtilités et détails sont au rendez-vous dans ce film. Et je ne vous parle même pas de la photographie et de la bande-originale (cf. Marco Beltrami et Buck Sanders), toutes deux très belles, qui viennent sublimer tout ce travail.

Si « Le Mans 66 » n’est peut-être pas le chef-d’oeuvre de l’année 2019, il n’en reste pas moins un très bon film qui a su combler mes (sérieuses) attentes. Non sans défauts, il monte petit à petit dans les tours, reposant sur de très bons acteurs, principalement l’excellent duo Christian Bale – Matt Damon (coup de cœur pour ce dernier) et une réalisation dantesque, digne de l’héritage des films de courses automobiles palpitantes des sixties et seventies. En somme toute, de la pure adrénaline qui donne envie d’appuyer à toute blinde sur la pédale de droite. Donc « chauffeur, si t’es champion… »

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