« La Belle Époque », le bon cinéma français

Plus d’un million d’entrées au Box Office français. 2 nominations, dont une à la 72ème édition du Festival de Cannes (excusez du peu). Des critiques presse et spectateurs plus qu’honorables (respectivement 3,5/5 et 4,2/5 sur Allociné par exemple). Bref, pas besoin d’en dire plus : « La Belle Époque », 2ème film du couteau-suisse Nicolas Bedos, est une franche réussite à tous les niveaux. Et c’est tellement mérité.

J’ai aperçu, pour la première fois, la bande-annonce de ce film lors d’une sortie cinéma (cc Joker). Cette dernière m’avait, je l’avoue, pas mal intrigué, mais ne connaissant pas Nicolas Bedos (le réalisateur, je précise) et étant toujours un peu réticent avec le cinéma français (j’en parlais déjà ici), je m’étais alors dit : « ok Thomas, ça a l’air intéressant, mais attendons les premiers retours et les premières critiques, on verra ensuite ». Que voulez-vous, je porte bien mon prénom : je ne crois qu’en ce que je vois.

Puis le YouTubeur « InThePanda » (salut Victor si jamais tu passes par là) a sorti un entretien avec le réalisateur, dramaturge, scénariste, acteur ou encore humoriste (je m’arrête là, ce ne sont pas les casquettes et le talent qui manquent au bonhomme) en question, au sujet de cette comédie romantico-dramatique. Et après avoir vu cette vidéo (très sympa d’ailleurs, je vous la conseille) et la passion de Nicolas Bedos dans celle-ci, je n’avais plus qu’une chose en tête : foncer dans mon petit cinéma pour aller voir « La Belle Époque ».

L’interview en question 🙂

J’y suis donc allé assez rapidement, avec pas mal d’impatience et d’attentes au fond de mes poches. Séance de 17h, salle 02, place du milieu au dernier rang, accompagné, comme toujours, par mon fidèle Ice Tea (on ne change pas une équipe qui gagne). Et j’ai tout simplement passé un vrai bon moment pendant près de 2h.

J’ai même envie d’en écrire un peu plus : au-delà d’avoir comblé mes attentes et d’avoir passé un bon moment devant ce film, ce dernier m’a même fait du bien. J’avais le sourire dans la voiture en rentrant à la maison. Pourquoi ? Parce que je venais de voir une oeuvre unique en son genre, une sorte de poésie sur grand écran. Et en plus, c’est français. Décidément, au moment de faire les bilans (bon réveillon à tous d’ailleurs, même aux retardataires qui lisent cet article en 2020), je me rends compte que cette fin d’année 2019 a sonné l’heure de ma réconciliation avec le cinéma bleu-blanc-rouge. Et honnêtement, j’en suis le premier ravi.

Mais revenons-en à « La Belle Époque ». Il y a tant de choses à écrire au sujet de ce film, mais je ne souhaite pas trop en faire, ne pas m’étaler au point d’en devenir lourd et vous passer l’envie de le voir. Alors je vais essayer d’être concis et efficace les copains. C’est parti 🙂

Premièrement, et c’est pour moi l’un des deux points forts principaux de cette comédie, quelle qualité d’écriture ! Sans rentrer dans les détails (et donc sans spoiler pour ceux qui n’ont pas encore vu ce film), rien que le postulat de départ est intéressant : un homme qui se noie dans le présent et qui fuit dans une époque (70′) dont les codes le rassurent. Intriguant.

Ajoutez à cela une double histoire d’amour tumultueuse et une boîte de reconstitution théâtrale, et vous avez « La Belle Époque », un film dont la complexité d’écriture n’a d’égal que la limpidité de son scénario pour le spectateur. Cette oeuvre sait où elle va et par quels moyens, il n’y pas de tâtonnements, et pour en arriver à un tel résultat, il y a dû en avoir des heures d’écriture et de réécriture. Donc rien que pour ça, un grand bravo à Bedos qui, avant d’avoir réalisé ce film, l’a aussi écrit. Chapeau.

Concernant le deuxième point fort principal de ce film, il réside en l’un de ses acteurs. Ça aurait pu être Fanny Ardant (Marianne), qui éclabousse la caméra par sa classe et son charisme, par sa capacité à enfiler le costume d’une personnage dure, et parfois grossière, sans jamais pourtant verser dans la vulgarité. Ça aurait pu être Doria Tillier (Margot), une actrice que je découvrais à peine et qui ne manque clairement pas de talent, loin de là même.

Ça aurait pu être Guillaume Canet (Antoine), un bonhomme que j’apprécie particulièrement et qui interprète très bien un personnage meurtri et touchant. Ça aurait aussi pu être Michaël Cohen (Maxime), Pierre Arditi (Pierre) ou encore Denis Podalydès (François), mais non, mon deuxième coup de cœur de ce film, c’est monsieur Daniel Auteuil (Victor).

Capable d’osciller avec facilité entre drame et comédie (parfois au sein d’une même scène), le spectateur que je suis s’est très rapidement identifié et attaché à lui, suivant ainsi ses aventures avec attention et émotion. Et puis, mine de rien, ce n’est pas donné à tous le monde de se balader entre le présent et les années 70′ sans être caricatural ou/et ridicule. A ce petit jeu-là, Daniel Autueil excelle en misant sur un jeu simple (tout en retenu), authentique et très touchant. A vous aussi monsieur, un grand bravo.

Que dire de plus si ce n’est que la réalisation est de qualité, (j’ai d’ailleurs beaucoup aimé le petit stratagème de tourner à l’épaule les scènes dans le présent pour traduire l’anxiété de Victor, et d’adopter des mouvements amples et doux dans les scènes de reconstitution des seventies pour montrer le bien-être que cette époque procure au personnage principal), que l’atmosphère visuelle et l’ambiance globale (cc la bande-originale) sont séduisantes, que j’ai apprécié la volonté de Bedos de mettre en valeur l’aspect artisanal du cinéma en montrant les coulisses de la boîte d’Antoine, et que la scène « finale » entre Victor et Marianne a réussi à émouvoir toute la salle de mon petit ciné, dont moi le premier (foutue poussière dans l’œil). Pour être tout à fait complet, même les quelque scènes d’humour fonctionnent dans cette oeuvre, c’est dire. Enfin bref, je ne pense pas trop me tromper en affirmant que ce film est un vrai petit plaisir pour n’importe quel cinéphile.

Clairement, « La Belle Époque » est un film qui sent bon l’amour et la poésie. Un film dont le parfum se compose d’une écriture sans ratures, d’acteurs brillants, d’une réalisation efficace et d’une histoire aussi touchante que mélancolique. De la première à la dernière minute, cette oeuvre diffuse une odeur de bon cinéma, d’un cinéma français dont on peut être fier. Oui les copains, « La Belle Époque » fait partie de ces longs-métrages dont l’arôme m’a marqué, charmé et restera ancré, ce dont peu de films peuvent se vanter. J’ai donc, pour lui, un grand respect.

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