« Le Roi », un film royal ou décevant ?

Timothée Chalamet, Robert Pattinson, Joel Edgerton, Lily-Rose Depp ou encore Sean Harris dans un drame historique, dont un des producteurs n’est autre que Brad Pitt, le tout sous la direction du réalisateur australien David Michôd, il y avait de quoi avoir l’eau à la bouche en lançant « Le Roi », un film Netflix sorti le 1er novembre dernier. Cependant, une fois englouti, la première réflexion que je me suis faite fut seulement : « m’ouais, sympa ». En d’autres termes, c’est pas mal, mais en deça des attentes que j’avais à son sujet.

Je vous l’avoue : j’étais hypé lorsque j’ai appris l’existence et la date de sortie de ce film. Parce que c’était l’occasion, pour moi, de voir pour la première fois Timothée Chalamet, la jeune étoile montante du cinéma de ces dernières années. Parce que Robert Pattinson, le futur Batman, qu’il me tardait (et intriguait) de voir en méchant.

Parce que Lily-Rose Depp, une jeune actrice dont le nom me dit drôlement quelque chose (cc Johnny), et que je n’avais encore jamais vu non plus. Et enfin, parce que David Michôd, dont la filmographie parle pour lui (« Animal Kingdom », « The Rover », « War Machine » ou encore « Catch-22 »). Bref, j’étais hypé par tout ce beau petit monde, et j’étais loin d’être le seul.

Et pourtant, près de 2 mois après sa sortie, on peut dire que l’accueil qui lui a été réservé par les spectateurs est assez… mitigé (3,4/5 sur Allociné et 6,5/10 sur SensCritique à titre d’exemples). Pourquoi ? Eh bien, parce que si certains ont aimé, voire adoré ce film (il a été nominé au Mostra de Venise de cette année tout de même), ce dernier fait aussi l’objet de critiques et polémiques. En effet, il lui est notamment reproché d’avoir pris beaucoup trop de liberté avec l’Histoire (au point d’être qualifié de fantaisiste par moments) et d’être une oeuvre francophobe, montrant les français comme des êtres arrogants, provocateurs et mauvais.

Honnêtement, si je peux comprendre ces critiques et polémiques, mon jugement à l’encontre de cette production Netflix n’a pas été altéré par ces dernières. Libre à « Le Roi » d’être une fiction basée sur des faits réels (tant qu’il ne se proclame pas être un film qui se veut être le plus proche de la réalité historique) et la façon dont ont été décrit les français m’a plus fait sourire et rire qu’autre chose. A mes yeux, le problème de ce film ne trouve pas sa source ici.

Les problèmes « historiques » de cette oeuvre
Une vidéo très intéressante sur la « francophobie » de ce film

Le véritable problème que j’ai avec ce dernier, c’est que j’ai autant d’arguments positifs que négatifs à son sujet. Ainsi, si j’ai beaucoup aimé le trio Chalamet (le roi Henry V) – Edgerton (Sir John Falstaff aka mon coup de cœur du film, mais aussi le co-scénariste et co-producteur de celui-ci) – Harris (William Gascoigne), qui, selon moi, porte le film, j’ai trouvé la « fin » (pour ne pas spoiler) de Louis de Guyenne, le personnage interprété par Robert Pattinson, ridicule et non-impactante, la présence de Lily-Rose Depp (Catherine de Valois) bien trop limitée – notamment par rapport à la façon dont elle et son nom furent mis en avant dans les bandes-annonces – et un Dean-Charles Chapman (Thomas de Lancastre) en deçà de ses compères sur ses quelques apparitions.

De plus, si la photographie de ce film est belle (voire très belle par moments), j’ai trouvé sa colorimétrie trop sombre, notamment dans la première partie de celui-ci. Je devine bien que cette obscurité est un choix de réalisation pour faire comprendre aux spectateurs que les faits se déroulent dans une période assez sombre de l’histoire, mais tout de même, ça m’a coûté quelque froncements de sourcils.

Et enfin, si j’ai apprécié les quelque plans-séquences de cette oeuvre, étirant parfaitement par exemple les scènes de combats, j’ai trouvé ce drame historique globalement trop long. Avec « Le Roi », on est clairement dans le cadre d’un film contemplatif, au détriment parfois d’une rythmique qui aurait pu être, à mon goût, plus captivante (et un poil moins ennuyante).

Cependant, malgré ces quelque défauts, je suis sincèrement content d’avoir pu (enfin) voir Timothée Chalamet qui, montant progressivement en puissance au fil du film, a confirmé toutes les bonnes choses que j’ai pu lire et entendre à son sujet. Le bonhomme ne manque pas de talent (et ça se voit qu’il en a encore sous la pédale) et une très belle carrière l’attend, notamment s’il continue à se montrer audacieux dans la sélection de ses rôles. Je t’attends au tournant Timothée, on se reverra… enfin je te reverrai plutôt.

De plus, entre la vision noire des guerres qui sont dépeintes dans ce drame, les batailles internes/psychologiques, l’évolution d’Henry V (qui, roi malgré lui, se veut d’abord idéaliste et novateur, avant de finalement suivre les traces de ses prédécesseurs) et des autres personnages globalement, mais aussi la façon dont cette époque sanguinaire et sans pitié est représentée; l’ambition de David Michôd avec ce film ne m’a peut-être pas totalement séduit, mais il m’a convaincu et j’ai trouvé les thématiques/enjeux, de ce dernier, intéressants.

Et enfin, si je m’attendais au twist final, il a tout de même bien fonctionné avec moi, la morale conclut efficacement le film, la bande-originale (signée Nicholas Britell) se marie bien avec l’ambiance de celui-ci et comment ne pas clôturer cet article en ne mentionnant pas l’accent franglais de Pattinson ? Si j’ai d’abord vu le film en VF, j’ai revisionné les scènes en VO, et je vous avoue que j’ai eu un sacré sourire (et un peu l’impression de m’entendre). Ce n’est peut-être pas un point fort du film, mais je me devais de l’écrire, tout comme le fait que j’ai trouvé marrant de voir Chalamet, un franco-américain, interpréter un anglais, et Pattinson, un anglais, jouer un français. Aussi étonnant qu’amusant.

Ainsi, si « Le Roi » n’est peut-être pas royal et à la hauteur de mes espérances, il n’est pas non plus un film décevant. S’il souffre, certes, de plusieurs défauts, il peut néanmoins s’appuyer sur des acteurs performants (avec le trio Chalamet – Edgerton – Harris en tête), une belle photographie et une réalisation plutôt solide. Enfin bref, une production Netflix à ranger dans la catégorie « sympa, sans plus », mais qui vaut le coup d’œil.

PS : si cet article vous a plu, n’hésitez pas à cliquer sur quelque publicités (histoire de me donner un petit coup de pouce financier), à le partager et à passer sur mon profil uTip (en regardant seulement quelque pubs ou en faisant un petit don, vous faîtes vivre le site et la chaîne YouTube), ce sont les meilleurs moyens de me soutenir ! La bise 😉

Clique ici pour partager l'article sur tes réseaux :

Share on facebook
Share on google
Share on twitter

Pour que tu puisses me donner ton avis :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pour t'abonner et être averti de la sortie d'un article :

Nous garderons vos données privées et ne les partagerons qu’avec les tierces parties qui rendent ce service possible. Lire notre politique de confidentialité.

Pour ne louper aucune sortie, abonne toi !