Alors « Diamond Rock » de Kalash, ça vaut quoi ?

Artiste : Kalash

Prénom/nom : Kévin Valleray

Surnom : « Mwaka Boss »

Âge : 31 ans (12 juin 1988)

Projet : 5ème album (18 titres + 3 bonus)

C’est un retour réussi pour l’artiste martiniquais. Et après « Mwaka Moon » (disque de platine, donc difficile de passer derrière), ses problèmes de santé (à partir de 14:55 si vous cliquez sur le lien) – d’où sa prise de poids (cc les mauvaises langues de Twitter) – ses nouveaux problèmes judiciaires, ses déboires sur place publique à Paris et son récent clash avec Booba, c’était loin d’être gagné d’avance. Je l’avoue, j’ai beau apprécié Kalash et l’écouter souvent, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avant de lancer « Diamond Rock ».

Mais une fois les 21 titres de ce projet engloutis, les doutes ont laissé place à des confirmations : Kalash est un artiste très solide dans le paysage du rap français et confirme/assume, au passage, son statut de porte-drapeau musical de la Martinique. Et vu dans quel contexte (cf. la deuxième phrase du paragraphe ci-dessus) cet album a été conçu, je dis bravo.

Dans un album à 2 parties (une première partie assez sombre et rap, une deuxième plus colorée et chantée), la voix de « Mwaka Boss » m’impressionne toujours autant. Quand le bonhomme se met à chanter sur des titres comme « Ghetto Life », « Conséquences » ou même « Maria », il devient instantanément une machine à frissons. Donc si vous n’avez pas encore écouté « Diamond Rock », je vous invite à commencer par ces morceaux, ils font partie de mes coups de cœur, vous comprendrez rapidement pourquoi. Et pour les amateurs de rap, vous ne serez pas en reste avec des tracks comme « Mada » et « Polémique » en featuring avec Kalash Criminel (la réunion des 2 Kalash, c’est pas beau ça ?).

D’ailleurs, et c’est une force de ce projet, le natif de Strasbourg sait tout faire, car outre chanter et rapper, il s’éclate aussi sur des sons « club » (cf. « Bad Gyal » ft. Crayon et « Calle La Boca »), laisse libre cours à sa sensibilité à travers des chansons d’amour (cf. « Divine » ft. Mavado & Satori et « Nossa » ft. Ms Banks & Dadju), fait parler ses inspirations dancehall et reggae (cf. « Jah ») et s’essaie même au cloud (cf. « Oh Oh Oh »). Clairement, Kalash est un couteau-suisse musical de qualité.

Et même au niveau de ses thématiques, « Diamond Rock » est un projet sympa à décortiquer. Entre son rapport à la notoriété, à la France (en pointant du doigt ses dérives), à l’amour (c’est loin d’être « fleur bleue »), ses traumatismes, son amour pour sa famille, ses croyances, les trolls d’internet et des réseaux sociaux (il en a carrément fait un titre), le racisme, les vices du succès, son (lourd) vécu ou même le fait qu’il se considère comme un artiste qui n’est pas lisse et qui prend des risques, le bonhomme avait pas mal de choses sur le cœur. L’écriture et le chant sont donc de véritables thérapies pour lui (cf. son interview chez « Alohanews »). En parlant de risques, je trouve ça culotté d’avoir décidé d’entamer son album avec un titre intitulé « Salam » (et de rapper « Mon gars le plus cool est un jeune musulman (Allahu akbar)) quand on connait le contexte actuel en France (cc les débats inutiles et puérils sur le voile par exemple). C’est aussi courageux que respectable.

Cependant, tout n’est pas non plus parfait dans « Diamond Rock ». Clairement, l’absence d’un gros tube comme « Mwaka Moon » lui fait défaut, car avoir un tel titre sur son projet, c’est s’assurer une grosse visibilité et de bons chiffres. J’ai attendu ce titre pendant toute ma première écoute, en vain malheureusement. Je l’ai, certes, frôlé avec des titres comme « Polémique » et « Bonda Manmanw » (sorti il y a déjà 7 mois), mais jamais atteint pour autant.

Et si je devais être difficile et pointilleux, j’ajouterais que je trouve que le featuring avec Gucci Mane n’est pas à la hauteur (qualitativement parlant) à laquelle il devrait être (ça manque d’alchimie, comme souvent lorsqu’il y a des collaborations franco-américaines, et puis on parle de Gucci Mane, m**de), j’ai été un poil déçu par le titre « Divine » avec Satori, surtout quand je repense à « Moments gâchés » (quel kiff ce morceau d’ailleurs) et je trouve que la deuxième partie de l’album est légèrement moins bonne que la première. Je suis difficile les copains, je sais.

Cependant, et globalement, « Diamond Rock » est une réussite à mes yeux, une réussite qui prouve que, même contre vents et marées, Kalash est un artiste complet et une grosse tête du rap français. Donc je vous conseille d’écouter ce projet, il vaut clairement le détour. Et puis comme dirait un proverbe créole connu : « Apwé ou bwè adan on ma, fô pa ou kaka adan-y ». Oui, ça n’a absolument aucun rapport avec ce que j’ai dit précédemment, mais je voulais le placer dans cet article, je vous laisse chercher la traduction, ça vaut le coup d’œil. Enfin bref, force et paix sur Kalash.

Coups de cœur :

  • « Ghetto Life »
  • « Oh Oh Oh »
  • « Conséquences »
  • « Polémique » ft. Kalash Criminel
  • « Maria »
  • « Bonda Manmanw »

Coups de blues : aucun

Note : 8/10

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